La décision hier de l'agence de notation Standard & Poor's de maintenir son rating AAA attribué aux deux principaux rehausseurs de crédits américains, Ambac et MBIA, a entraîné un rebond sur les marchés boursiers.
Cette décision de S&P est difficilement justifiable et s'explique essentiellement par l'intense pression venant des milieux politiques et financiers pour éviter une diminution du rating de ces 2 rehausseurs. S&P a d'ailleurs abaissé son rating sur le numéro trois, FGIC, et sur XL Capital Assurance. Ambac reste d'autre part sous surveillance pour un possible abaissement alors que le rating de MBIA continue d'être assorti d'une perspective négative, signifiant que S&P n'exclut pas de le revoir à la baisse à plus long terme.
Si la décision est difficilement justifiable c'est que ni Ambac ni MBIA n'ont annoncé une recapitalisation pouvant valider leur rating AAA, meilleur rating possible pour une entreprise. Le plan de renflouement d'Ambac n'est toujours pas officiellement annoncé. Quant à MBIA, elle a annoncé hier notamment la scission de ses activités en 2 sociétés indépendantes, mais sur un horizon de 5 ans, ainsi que la suppression de son dividende. Il est rare de voir une société ayant annoncé près de 2 milliards de dollars de pertes (le résultat de MBIA en 2007) et éliminant son dividende obtenir un rating AAA. D'autant plus que S&P elle-même estime que MBIA pourrait encourir des pertes de l'ordre de $5,5 milliards. Ce chiffre est à mettre en rapport avec les fonds propres de MBIA qui s'élevaient à 3,7 milliards à fin 2007 auxquels il convient d'ajouter les 2,6 milliards que la société vient de lever.
En résumé, la confirmation du rating AAA pour Ambac et MBIA peut temporairement soulager les investisseurs et permettre un rebond passager des cours boursiers. Un tel rebond pourra être mis à profit pour vendre.

2012
Anonyme a dit...
Bonjour Monsieur Wagner,Dans l'hypothèse d'une récession et d'une reprise de l'inflation, le choix des actifs qui résisteront devient difficile.
Les obligations semblent un choix acceptable, si elles sont indexées sur l'inflation. De tels produits existent en Europe. En proposez-vous ?
Merci.
AB
05 mars 2008 - 08:43 PM
Guy Wagner a dit...
Dans l'hypothèse d'une stagflation, les obligations d'Etat indexées à l'inflation constituent effectivement un investissement attrayant. Il importe toutefois de noter que la valorisation de ces obligations à un moment donné ne dépend pas directement de l'inflation réelle (sur base de laquelle les cash-flows sont effectués) mais 1. des attentes en matière d'inflation future et 2. du rendement réel demandé par les investisseurs. Si les attentes en matière d'inflation diminuent et/ou le rendement réel demandé augmente, le cours d'une telle obligation baissera.Les obligations indexées sur l'inflation représentent actuellement entre 5 et 10% des portefeuilles des Sicav obligataires de la Banque de Luxembourg. Parmi ces obligations on retrouve par exemple :
- Deutschland 1,5% 2016 (indexée sur l'inflation dans la zone euro)
- France 1,6% 2011 (indexée sur l'inflation française)
- France 1,6% 2015 (indexée sur l'inflation zone euro hors tabac).
06 mars 2008 - 10:16 AM