Le recul du dollar s'explique par le relâchement aggressif de la politique monétaire de la Réservé Fédérale qui entraîne un écart de taux d'intérêt croissant entre les Etats-Unis et l'Europe . La faiblesse du dollar a d'autre part le mérite de soutenir les exportations américaines et de contibuer ainsi à contenir le risque de récession aux Etats-Unis.
La chute du dollar traduit cependant également une crainte plus fondamentale. A travers les mesures peu orthodoxes qu'elle est en train de prendre, la Réserve Fédérale rompt avec sa tradition consistant à gager à 100% le dollar par des titres du Trésor américain ou par de l'or. Elle risque dès lors de provoquer une perte de confiance fondamentale dans sa monnaie à l'image de ce qui s'était produit dans les années '70 après l'annonce de la fin de la convertibilité en or du dollar. De plus, la Réserve Fédérale est financée en fin de compte par le Trésor qui lui-même se finance en émettant des emprunts. Au fur et à mesure que les sommes que la Réserve Fédérale doit injecter pour faire face à la crise financière augmentent, les craintes d'une perte fondamentale de valeur du dollar à travers un déficit sans cesse croissant, accompagné d'un risque accru d'inflation, pourraint entraîner une crise de confiance sur la monnaie US.
Sur le plan monétaire, le monde est en train de passer d'un système unipolaire basé sur le dollar à un système bipolaire basé sur le dollar et l'euro. La diminution du dollar dans les réserves de change des banques centrales se poursuit. Les banques centrales des pays émergents notamment diversifient de plus en plus leurs avoirs en achetant des actifs non-libellés en dollar. Les autorités de ces pays ont traditionnellement lié leur monnaie au dollar et ont dès lors généralement suivi les mouvements de taux d'intérêt de la Réserve Fédérale. Aujourd'hui, elles se touvent dans une situation où la politique monétaire anti-récession suivie par la banque centrale américaine n'est plus adaptée à leur situation économique qui se caractérise par une augmentation rapide de l'inflation. De nombreux pays en développement semblent par conséquent de moins en moins enclins à accepter le dollar comme leur monnaie de réserve.
Pour un investisseur détenant des dollars US et réticent à les vendre contre l'euro au cours actuel, le dollar de Singapour (SGD) constitue une alternative intéressante. La valeur de ce dernier est établie par rapport à un panier de devises appartenant aux principaux partenaires commerciaux de Singapour. Le dollar américain joue un rôle important dans ce panier de sorte que l'appréciation du SGD par rapport au billet vert a été nettement moindre que dans le cas de l'euro. Les perspectives à long terme du SGD semblent très favorables étant donné les fondamentaux de l'économie de Singapour. La cité-Etat génère un surplus très élevé au niveau de sa balance courante et sa croissance économique reste importante (+7,2% en rytme annuel au premier trimestre), tirée par le secteur manufacturier mais aussi les services étant donné l'émergence de Singapour en tant que centre financier.
Les dollars australien et néo-zélandais devraient également poursuivre leur appréciation à long terme par rapport au billet vert. Après le Canada, l'Australie pourrait dès lors bientôt voir sa monnaie dépasser la parité avec le dollar américain.


2010
YC a dit...
Quelles sont vos prévisions sur les cours du dollar/EUR dans les prochaines semaines ou mois? Merci.21 octobre 2008 - 05:48 PM
Guy Wagner a dit...
cfr. mon article d'hier.27 octobre 2008 - 11:08 AM