Nous avons investi 2% des actifs de BL-Global Flexible dans des sociétés aurifères, l'objectif étant de porter ce pourcentage à 5% en cas de repli éventuel de leurs cours.
J'ai écrit à maintes reprises qu' acheter de l'or n'est pas un investissement mais une spéculation. Cette affirmation repose sur le fait que l'or n'a pas de valeur intrinsèque et ne peut donc pas être valorisé. Alors que la valeur intrinsèque d'une action peut être estimée sur base des actifs, fonds propres, bénéfices actuels ou futurs, dividendes actuels et futurs, ... de l'entreprise sous-jacente.
Pourquoi alors investir en mines d'or ? Après tout, s'il est impossible de valoriser le produit qu'elles vendent, il sera tout aussi impossible de les valoriser.
Tout d'abord, une spéculation peut être une bonne idée, à condition d'être bien conscient que l'on spécule. Deux conditions sont nécessaires pour que le cours de l'or monte :
- un environnement économique et financier inquiétant qui fait que les investisseurs recherchent une valeur refuge et
- la conviction de ces investisseurs que l'or constitue une telle valeur refuge.
La première condition semble incontestablement remplie et à l'heure actuelle il n' y a aucun signe que la deuxième ne le soit pas.
En partant dès lors de l'hypothèse que le cours du métal jaune devrait pour le moins rester soutenu autour de son niveau actuel (~1.800 $/once), il y a moyen de considérer un investissement en mines d'or comme une spéculation rationnelle. Alors que les cours des mines d'or amplifient généralement les mouvements du cours de l'or (à la hausse comme à la baisse), ils sont cette fois-ci restés largement à la traîne. Le graphique ci-après illustre ceci en divisant l'indice des mines d'or par le prix de l'or. Une baisse de ce ratio signifiant que les mines sous-performent le métal, une hausse qu'elles surperforment.

Plusieurs éléments semblent à l'origine de la sous-performance des mines par rapport au métal lui-même :
- des doutes sur le caractère soutenable de la montée du cours de l'or
- l'augmentation des coûts de production à la suite notamment de la hausse du prix de l'énergie et des coûts salariaux
- le fait qu'au cours des dernières années, la hausse du prix de l'or ne s'est pas reflétée dans les résultats de nombreuses sociétés aurifères
- des inquiétudes sur l'utilisation du cash-flow excédentaire. Par le passé, les sociétés minières n'ont souvent pas été très disciplinées à cet égard, procédant à des acquisitions coûteuses ou non liées à l'or
- la hausse des dépenses d'investissement annoncée par certaines sociétés et les incertitudes sur le rendement futur de ces investissements
- l'émergence de papiers (index tracker - fonds indiciel) censés répliquer l'évolution du cours de l'or.
La valorisation des sociétés aurifères a dès lors beaucoup diminué au cours des dernières années. Selon de nombreux experts, les cours actuels de ces sociétés escomptent un prix de l'or d'environ 1.300 $/ l'once. Par rapport au cours actuel, ceci donnerait donc au spéculateur averti une marge de sécurité de quelque 25 %.
Par ailleurs, le comportement boursier des sociétés aurifères depuis la mi-août est encourageant. Depuis cette date, elles semblent s'être démarquées du marché boursier pour enfin suivre de plus près l'évolution du cours de l'or.
Au niveau des valeurs individuelles, on distingue généralement les producteurs établis (Tier 1 producers), les producteurs intermédiaires (Tier 2) et les producteurs juniors (Tier 3). En terme d'investissement, ces derniers sont évidemment de loin les plus risqués. Le 'tracker' (fonds indiciel coté en bourse) Market Vectors Junior Gold Miners constitue un moyen d'investir de manière diversifiée dans ce segment.
En ce qui concerne les producteurs établis, voire les producteurs intermédiaires, il y a moyen de les différencier sur base de leurs coûts de production, de leurs réserves actuelles et futures ou de leur valorisation. Nous avons acheté Goldcorp, Gold Fields, African Barrick Gold et Newmont Mining. Cette dernière se caractérise par une politique de dividende à part, puisque le dividende qu'elle paie est directement lié au cours de l'or. A noter qu'il existe également un 'tracker' pour les 30 plus grandes sociétés aurifères, le Market Vectors Gold Miners.


mokette a dit...
Very good02 octobre 2011 - 01:54 PM