Actualité et analyse des marchés financiers, en ligne avec Guy Wagner
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Action concertée des banques centrales

jeudi 13 mars 2008 | 5 commentaires | Catégorie: Analyse des marchés

L'action concertée des principales banques centrales pour injecter des liquidités a provoqué un bref rebond des cours boursiers mardi et mercredi. Ce rebond vient à point nommé pour rappeler que les marchés ne vont pas attendre que tous les problèmes soient résolus pour se redresser. Il importe dès lors de ne pas s'enfermer dans un scénario pessimiste et de rester attentif à des développements qui pourraient signaler le début de la fin des problèmes actuels. Malheureusement, on en est encore loin.

Parmi les mesures annoncées mardi par les banques centrales, les marchés ont surtout salué celle de la Réserve Fédérale de prêter jusqu'à 200 milliards de dollars de titres du Trésor américain à un groupe de banques d'investissement en contrepartie d'emprunts hypothécaires de bonne qualité et d'étendre la durée de ces prêts à 28 jours. L'objectif de la banque centrale américaine étant d'améliorer la liquidité dans les marchés de crédit, d'apaiser les tensions sur les marchés interbancaires et de combattre la vente forcée d'emprunts de qualité.

Ces mesures des banques centrales viennent après une semaine qui avait vu une nouvelle détérioration de la situation avec, au niveau économique, un recul de l'emploi aux Etats-Unis en février et, au niveau financier, l'annonce par plusieurs sociétés (Thornburg Mortgage, Carlyle Capital Corp.) de leur incapacité à répondre à des appels de marge.

S'il est encourageant de voir les autorités monétaires réagir à la crise financière par des mesures peu conventionnelles, force est de constater qu'il est nettement plus facile pour les banques centrales d'injecter des liquidités dans le système financier que d'assurer que ces liquidités soient transmises à ceux qui ont en besoin. Cette transmission se heurte actuellement à un problème de manque de confiance et de solvabilité (des propriétaires immobiliers mais aussi, de plus en plus, des intermédiaires financiers).

A l'heure actuelle la loi de Murphy continue dès lors à régner sur la crise financière : tout ce qui peut aller de travers va de travers. Pour remédier à cette situation il faudra agir sur les fronts suivants :

  • retrouver des prix de négociations sur les actifs dépréciés,
  • trouver des acheteurs de qualité pour ces actifs,
  • recapitaliser le système bancaire,
  • stabiliser le marché immobilier,
  • changer les règles comptables.

Côté positif, les autorités semblent aujourd'hui de plus en plus conscientes du fait que le risque d'une crise majeure a rarement été aussi grand.

Commentaire(s)

Theseus a dit...

Bonjour Monsieur Wagner,

Je suis assez d'accord avec votre dernière analyse concernant l'action concertée des banques centrales. On est probablement encore loin de la fin des problèmes actuels (Je me refère à une expression de Churchill "... it is not the beginning of the end, it is maybe the end of the beginning...").
Néanmoins j'ai un petit problème de compréhension.En effet, d'une part la Fed étend son Securities Lending Program, ce qui est en soi une bonne mesure.D'autre part, vous préconisez, et vous avez raison, pour que les actifs dépréciés retrouvent des prix de négociations.Or il me semble qu'on va prolonger la crise puisque ces actifs vont se retrouver pour un certain temps hors marché :ils vont être transférés du bilan des banques vers celui de la Fed.
Merci de me répondre,

13 mars 2008 - 07:26 PM

Anonyme a dit...

Bonjour Monsieur WAGNER,

Les banques luxembourgeoises sont considérées comme les plus exposées en Europe, car détentrices d'importantes réserves d'actifs américains ou libellés en Dollar US.

Qu'en est-il de la Banque du Luxembourg ??
Quel est son taux d'exposition, et quelle garantie peut-on avoir ??

Merci.

15 mars 2008 - 09:10 PM

Guy Wagner a dit...

Il est vrai qu'en théorie, les actifs dépéreciés retrouveraient plus rapidement des prix de négociation en l'absence d'interventions des autorités.
En pratique, la crise financière a cependant atteint un stade où ne pas intervenir risquerait de provoquer une vague de faillites.

17 mars 2008 - 09:08 AM

Anonyme a dit...

Bonjour Monsieur Wagner,

En terme d'actifs dépréciés, les banques luxembourgeoises seraient les plus menacées en Europe (nombreuses positions en actifs dollar).

Qu'en est-il en général, et plus particulièrement pour votre organisme ?

Merci.

18 mars 2008 - 08:20 PM

Guy Wagner a dit...

Je ne peux pas me prononcer sur les banques luxembourgeoises en général.
En ce qui concerne la Banque de Luxembourg :
- elle n'exerce pas d'activités de marché pour compte propre,
- elle n'est pas investie dans des titres ou dérivés de crédit directement liés aux 'subprimes',
- elle est filiale à 100% du Groupe Crédit Mutuel-CIC, l'un des établissements financiers les mieux notés de la zone euro (rating Aa3 Moody's et AA- Standard&Poor's) avec des fonds propres s'élevant à 24 milliards d'euros.
Sa solidité n'est donc pas affectée.

19 mars 2008 - 03:43 PM

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Guy Wagner est chief economist à la Banque de Luxembourg

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